Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/427

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Parlez.

— Il me semble que si je suis obligé de revenir ici, nous perdrons un temps précieux en allées et venues, temps dont le Cèdre-Rouge, dont les soupçons seront éveillés, ne manquera pas de profiter pour décamper.

— C’est juste, mais comment faire ?

— Oh ! c’est bien simple. Allez, seigneurie : lorsque le moment sera venu de tendre nos filets, j’allumerai un feu dans la montagne, ce feu vous servira de signal pour vous mettre immédiatement en route : seulement il ne serait pas mal que quelqu’un m’accompagnât et demeurât caché aux environs du lieu où je dois aller.

— Cela sera fait ainsi que vous le désirez, répondit la Gazelle blanche ; ce n’est pas une, mais deux personnes qui vous accompagneront.

— Comment cela ?

— Don Pablo de Zarate et moi nous avons l’intention de vous suivre, reprit-elle en jetant au jeune homme un regard que celui-ci comprit.

— Alors tout est pour le mieux, fit le gambucino, et nous partirons aussitôt que vous le voudrez.

— À l’instant, à l’instant ! s’écrièrent les deux jeunes gens.

— Nos chevaux ne sont pas fatigués, ils pourront encore facilement faire aujourd’hui cette traite, observa don Pablo.

— Hâtez-vous, alors, car les instants sont précieux, dit le Blood’s Son qui brûlait d’être seul.

— Je ne demande que quelques minutes pour seller mon cheval.

— Allez, nous vous attendrons ici.

Le gambucino sortit.