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centre de laquelle s’élevaient les tentes et fumaient les feux du camp de l’Unicorne.

Dès que les vedettes eurent signalé l’arrivée du détachement de l’Araignée, une soixantaine de guerriers montèrent à cheval et vinrent en caracolant, en tirant des coups de fusil et en poussant des cris de bienvenue, au-devant des arrivants qui, de leur côté, faisaient parader leurs chevaux et répondaient par des cris et les sifflements de leurs sifflets de guerre, dont ils tiraient des notes aiguës et prolongées.

Ils firent ainsi leur entrée dans le camp et se dirigèrent vers la hutte de l’Unicorne.

Le chef, prévenu déjà de l’arrivée du renfort qu’il attendait, se tenait debout, les bras croisés, devant sa hutte, entre le totem et le grand calumet.

L’Unicorne avait d’un coup d’œil rapide inspecté les guerriers et aperçu les deux femmes et le sorcier étranger qu’ils amenaient avec eux ; cependant il ne sembla pas les voir ; son visage ne laissa paraître aucune trace d’émotion ; il attendit, impassible, que l’Araignée lui eût rendu compte de sa mission.

Le guerrier comanche mit pied à terre, jeta la bride de son cheval aux mains d’un de ses compagnons, plaça les bras en croix sur sa poitrine, s’inclina profondément en faisant chaque fois un pas en avant, et, arrivé à une courte distance du sachem, il salua une dernière fois en disant :

— L’Araignée a accompli sa mission, il a pris des pieds de gazelle pour revenir plus vite.

— L’Araignée est un guerrier expérimenté dans lequel j’ai entière confiance. Il me ramène le nombre de jeunes gens que j’avais demandé à la nation ? répondit l’Unicorne.