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— Ma foi, oui, pas autre chose.

— Ah bien ! vous avez eu grand tort de ne pas m’en parler plus tôt, sans cela il y a longtemps déjà que le mal serait réparé et que nous serions partis.

— Bien vrai ! s’écria le squatter tout joyeux.

— Vous allez voir, ce sera bientôt fait, soyez tranquille.

La jeune fille se leva et disparut d’un bond derrière un épais fourré.

Au bout de dix minutes elle revint ; sa robe était arrangée et attachée de façon que tout en lui laissant l’entière liberté de ses membres, et ne gênant en rien tous les mouvements qu’il lui plairait de faire, elle ne flottait plus, et par conséquent ne courait plus le risque de s’accrocher et de s’embarrasser dans les branches.

— Me voilà, dit-elle en riant ; me trouvez-vous bien ainsi ?

— Admirablement !

— Eh bien alors, nous partirons quand il vous plaira.

— Tout de suite.

Le Cèdre-Rouge fît alors ses derniers préparatifs ; ils ne furent pas longs, il s’agissait tout simplement de faire autant que possible disparaître les traces du campement.

Chose plus difficile, il ne fallait pas que les Comanches de l’Unicorne, les partisans du Blood’s Son ou Valentin, suivant ceux que le hasard conduirait à cette place, pussent découvrir la direction prise par les aventuriers.

En conséquence, le Cèdre-Rouge chargea sa fille sur ses épaules nerveuses, et prenant la tête de la file