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hum sonore, et bourra gravement son calumet, qu’il alluma ; les autres en firent autant ; bientôt les chasseurs fumèrent à qui mieux mieux et disparurent presque au milieu d’un nuage intense de fumée.

— Caballeros, dit-il, Dieu nous est venu en aide, ainsi qu’il le fait toujours lorsqu’on a une foi ferme en sa toute-puissance ; il a daigné nous fournir les moyens de récupérer les forces qui déjà nous abandonnaient ; ne nous laissons donc pas abattre : demain nous serons sortis du maudit guêpier dans lequel nous sommes ; dès que vous aurez fini de fumer, étendez-vous sur le sol et dormez ; je vous réveillerai lorsqu’il en sera temps ; il faut qu’à l’heure du départ vous soyez dispos et prêts à entreprendre une longue route. Nous avons encore quatre heures de jour à peu près, profitons-en, car nous aurons, je vous en avertis, fort à faire cette nuit, de toutes les façons ; maintenant vous voilà avertis, suivez mon conseil.

Et, joignant l’exemple au précepte, Valentin secoua la cendre de son calumet, le repassa à sa ceinture, s’allongea sur le sol et s’endormit presque immédiatement.

Les chasseurs trouvèrent probablement que l’avis était bon, car ils le suivirent sans hésiter.

Dix minutes plus tard, excepté Curumilla, tout le monde dormait dans le camp.

Combien de temps dura leur sommeil, ils n’auraient pu le dire ; mais, lorsque le Français les éveilla, la nuit était profonde.

Le ciel, plaqué d’un nombre infini d’étoiles, étendait au-dessus de leur tète sa voûte d’un bleu sombre ; la lune, pâle et blafarde, immobile dans l’éther,