Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/231

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il y eut quelques minutes de silence entre eux.

— Bah ! dit enfin le moine avec insouciance, il a beau résister, il faudra bien qu’il y arrive.

Sutter hocha la tête d’un air de doute.

— Non, fit-il, vous ne connaissez pas le vieux ; quand il a dit non, c’est non.

— Hum ! ajouta Nathan, il est bien changé depuis quelque temps, il baisse beaucoup ; de son ancien caractère il ne semble avoir gardé que l’entêtement ; j’ai peur que vous échouiez, señor padre.

— Qui vivra verra ! dit gaiement celui-ci. Demain il fera jour ; en attendant, messieurs, suivons son conseil, allons dormir.

Dix minutes plus tard, tout dormait ou semblait dormir dans le jacal.

L’orage dura toute la nuit, faisant rage au-dehors.

Au point du jour le squatter se leva et sortit, afin de se rendre compte du temps qu’il faisait.

La journée s’annonçait bien, le ciel était pur, le soleil se levait radieux ; le Cèdre-Rouge se disposa à se rendre au corral pour seller son cheval et ceux de ses compagnons.

Avant de quitter le seuil de la porte il jeta un regard circulaire aux environs.

Tout à coup il poussa une exclamation de surprise en se rejetant vivement en arrière. Il avait aperçu un cavalier qui accourait à toute bride.

— Le père Séraphin ! murmura-t-il avec étonnement ; quelle raison assez grave peut l’amener à une pareille heure et l’obliger à faire une si grande diligence ?

En ce moment, le moine et ses fils entrèrent dans la salle commune.