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en se traînant sur les genoux jusqu’aux pieds de don Pablo.

— Arrière, madame ! répondit celui-ci ; laissez-nous mourir bravement.

— Mais je ne veux pas que vous mouriez, moi, reprit-elle avec un cri déchirant ; je vous répète que je vous sauverai si vous y consentez.

— Nous sauver ! Dieu seul peut le faire, dit tristement le jeune homme ; réjouissez-vous que nous ne veuillions pas rougir nos mains de votre sang perfide, et ne nous importunez pas davantage.

— Oh ! rien ne pourra donc vous convaincre ! fit-elle avec désespoir.

— Rien ! dit froidement le Mexicain.

— Ah ! s’écria-t-elle l’œil rayonnant de joie, j’ai trouvé !… Suivez-moi et vous rejoindrez vos compagnons !

Don Pablo, qui déjà s’était éloigné de quelques pas, se retourna en hésitant.

— Que craignez-vous ? reprit-elle, vous serez toujours à même de me tuer si je vous trompe. Oh ! fit-elle avec exaltation, que m’importe de mourir si je vous sauve !

— Au fait, observa Valentin, elle a raison ; et puis dans notre position nous n’avons plus rien à ménager. Qui sait ? elle dit peut-être la vérité !

— Oui ! oui ! s’écria la jeune fille avec prière, fiez-vous à moi !

— Bah ! essayons, dit Valentin.

— Marchez, répondit laconiquement don Pablo, nous vous suivons.

— Oh ! merci ! merci ! dit-elle avec effusion en couvrant de baisers et de larmes la main du jeune