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L’ÉCLAIREUR.

dant plusieurs minutes, il demeura immobile ; cet homme, qui, de sang-froid, avait résolu la mort de sa nièce, hésita à l’odieuse proposition qui lui était faite ; cette condition lui semblait plus horrible que la mort.

Les Indiens attendirent, témoins impassibles en apparence du combat qui se livrait dans le cœur de l’homme qu’ils voulaient séduire ; ils assistaient à cette lutte des bons et des mauvais penchants, calculant froidement dans leur for intérieur les chances de réussite que leur offraient les mauvais instincts du misérable qu’ils tenaient palpitant sous leur regard. Du reste, la lutte ne fut pas longue : don Estevan releva la tête, et, la voix calme, le visage froid et sans traces d’émotion d’aucune sorte :

— Eh bien, soit, dit-il, le sort en est jeté ; j’accepte, je tiendrai ma parole ; mais d’abord tenez la vôtre.

— Nous la tiendrons, répondirent les Indiens.

— Avant le huitième soleil, ajouta Addick, les ennemis de mon frère seront en sa puissance ; il en disposera comme bon lui semblera.

— Et maintenant que dois-je faire ? reprit don Estevan.

— Voici notre projet, fit Addick :

Les trois hommes discutèrent alors le plan de campagne qu’ils voulaient suivre, afin d’atteindre le but qu’ils se proposaient. Mais, comme nous verrons bientôt se dérouler ce plan, nous les laisserons, afin de nous occuper d’autres personnages de cette histoire, vers lesquels il nous faut revenir.



XXVI.

Une Chasse dans la Prairie.


Les personnes réunies sous la tente de don Miguel ne purent réprimer un mouvement de surprise et presque