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L’ÉCLAIREUR.

Pendant que nos personnages traversent les rues de la ville pour se rendre à leur destination, nous décrirons en quelques mots Quiepaa-Tani, dont le lecteur ne connaît encore que l’extérieur.

Les rues étroites, tirées au cordeau et percées à angle droit, viennent aboutir à une place immense, située juste au centre de la ville, et qui porte le nom de Conaciuhtzin[1]. Il est probable que c’est dans le but d’être agréable au soleil que les Indiens ont imaginé cette place d’où rayonnent toutes les rues de la ville, car on ne peut se figurer une plus exacte représentation de l’astre qu’ils vénèrent que cette disposition mystérieusement et emblématiquement symétrique.

Quatre magnifiques Expan ou palais s’élèvent dans la direction des quatre points cardinaux ; sur la face ouest, se trouve le grand temple nommé Amantzin-expan, entouré d’un nombre infini de colonnes ciselées d’or et d’argent.

L’aspect de cet édifice est des plus imposants ; on arrive au seuil par un escalier de vingt marches faites chacune d’une seule pierre de dix mètre de long ; les murs sont excessivement élevés, et le toit, comme celui des autres édifices, se termine en terrasse. Les Indiens, qui connaissent parfaitement le moyen de construire des voûtes souterraines, ignorent complètement l’art de lancer des dômes dans les airs. L’intérieur du temple est relativement d’une grande simplicité. De longues tapisseries brodées en plumes de mille couleurs, et représentant au moyen de l’écriture hiéroglyphique toute l’histoire de la religion indienne, couvrent les murailles. Au centre du temple est placé un teocali ou autel isolé, surmonté d’un soleil éclatant d’or et de pierreries s’appuyant sur la grande ayolte ou tortue

  1. Place du soleil.