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L’ÉCLAIREUR.

un instant domptées se relevèrent plus fortes et plus implacables que jamais.

Sur un geste du Canadien la troupe reprit sa marche et bientôt elle disparut au milieu des dunes de sable qui couvrent les rives du gué del Rubio.

Le désert un instant troublé par le bruit du pied des chevaux sur les cailloux de la plage, retomba dans son calme et majestueux silence.



XXI.

Balle-Franche.


Balle-Franche, ainsi que nous l’avons dit, avait, aidé par les deux domestiques, enlevé don Mariano, à demi évanoui encore, afin de le conduire au camp des gambucinos, et de lui éviter le spectacle atroce de l’exécution de son frère.

Le mouvement et l’air de la nuit eurent rapidement rappelé le gentilhomme à la vie. En ouvrant les yeux, son premier mot, après avoir jeté un regard autour de lui afin de se reconnaître, fut pour demander son frère. Personne ne répondit ; les gens qui l’emportaient continuèrent à marcher : ils redoublèrent même de vitesse.

— Arrêtez ! cria alors don Mariano en se redressant avec effort et saisissant la bride du cheval des mains de son conducteur ; arrêtez, je le veux !

— Êtes-vous en état de vous conduire vous-même ? lui demanda Balle-Franche.

— Oui, répondit-il.

— Alors on va vous rendre votre cheval, mais à une condition.