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L’ÉCLAIREUR.

— Oui, appuya Bon-Affût ; que nous retrouvions seulement une trace de leur passage, si légère qu’elle soit, une empreinte sur le sable mouillé, que nous tenions un bout de leur piste, cela nous suffira pour arriver à l’autre, et nous vous rendrons bon compte de ces inconnus dont, ainsi que l’a fort bien observé Balle-Franche, la conduite est trop étrange et trop belle pour être loyale.

— Oh ! que ne puis-je vous suivre ! s’écria don Miguel avec regret.

— Guérissez-vous d’abord ; bientôt, j’en ai la certitude, votre rôle commencera ; car, avant trois jours, nous vous apporterons tous les renseignements qui vous manquent aujourd’hui, et, sans lesquels vous ne pouvez rien faire.

— Ainsi, vous me promettez que dans trois jours…

— Oui, dans trois jours nous serons de retour de notre expédition ; comptez sur notre promesse et soignez-vous de façon à pouvoir vous mettre immédiatement en campagne…

— Je serai prêt.

— Allons, au revoir ; le soleil est haut déjà, nous n’avons pas une minute à perdre.

— Au revoir et bonne chance.

Les chasseurs serrèrent cordialement la main de don Miguel, remontèrent à cheval et s’éloignèrent rapidement dans la direction du gué del Rubio.

Le chef des gambucinos, placé sur une civière, reprit doucement, escorté par ses compagnons, le chemin de son camp, où il arriva un peu avant le coucher du soleil.