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L’ÉCLAIREUR.

ces hommes, qui sont venus si à propos à votre secours, ne les avez-vous pas vus ? ne leur avez-vous pas parlé ?

— Vous oubliez, répondit en souriant don Miguel, qu’ils me sont apparus au milieu du combat, apportés pour ainsi dire par l’ouragan qui sévissait avec fureur. Le temps eût été mal choisi pour une conversation.

— C’est vrai, je ne sais ce que je dis ; mais, ajouta le chasseur en frappant la terre de la crosse de son rifle, je n’en aurai pas le démenti, je vous jure que bientôt j’aurai découvert quels sont vos ennemis, quelques soins qu’ils prennent et quelques précautions qu’ils emploient pour se cacher.

— Oh ! je compte bien me mettre à leur poursuite, dès que mes forces seront un peu revenues.

— Vous, caballero, répondit sèchement Bon-Affût, vous allez vous guérir d’abord. Arrivé à votre camp, vous vous enfermerez comme dans une citadelle, et vous ne ferez pas un mouvement avant de m’avoir revu.

— Comment, de vous avoir revu ? vous avez donc l’intention de me quitter ?

— À l’instant, Balle-Franche et moi, nous allons partir ; auprès de vous, nous ne vous servirions à rien, au lieu que nous vous serons utiles au dehors.

— Que voulez-vous faire ?

— À notre retour vous saurez tout.

— Je ne puis demeurer dans une telle inquiétude, en outre je ne vous comprends pas.

— C’est cependant limpide. Je veux, aidé par Balle-Franche, arracher le masque à ce don Stefano, masque qui, à mon avis, doit cacher un bien laid visage, savoir quel est cet homme, et pourquoi il s’est posé vis-à-vis de vous en ennemi acharné.

— Merci, Bon-Affût ; maintenant je suis tranquille. Allez, faites ce que bon vous semblera, je suis convaincu que