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L’ÉCLAIREUR.

— Oui, cela vaudra mieux ainsi ; comment et par qui avez-vous été attaqué ?

— Je ne saurais vous le dire ; c’est une étrange histoire, tellement embrouillée qu’il m’est impossible, malgré tous mes efforts, d’en deviner le premier mot.

— C’est égal, dites-nous ce qui vous est arrivé, peut-être nous autres, qui avons plus que vous l’habitude des prairies, trouverons-nous un fil conducteur qui servira à nous guider dans ce labyrinthe inextricable en apparence.

Don Miguel, sans se faire prier davantage, rapporta alors, dans tous leurs détails, les faits tels qu’ils s’étaient passés.

Au nom d’Addick, Bon-Affût fronça les sourcils.

Lorsque le Mexicain parla de don Stephano, les chasseurs échangèrent un regard d’intelligence ; mais lorsque le jeune homme arriva à la singulière péripétie du combat où, sur le point de succomber, il avait été tout à coup secouru par des inconnus qui avaient disparu comme par enchantement après l’avoir dégagé, les chasseurs donnèrent les marques de la plus grande surprise.

— Voilà, ajouta don Miguel, l’odieux guet-apens dans lequel je suis tombé et dont j’aurais été victime, si vous n’étiez pas accourus à propos pour me sauver. Maintenant que vous savez tout, aussi bien que moi, quelle est votre opinion.

— Hum ! fit le chasseur, tout cela est bien extraordinaire, en effet ; il y a au fond de cette histoire une sombre machination, menée avec une adresse et une perversité diaboliques qui m’effrayent. J’ai certains soupçons que je tiens avant tout à éclaircir ; je ne puis donc vous donner de suite mon opinion. Il faut avant tout, que j’approfondisse certaines choses. Rapportez-vous en à moi pour cela. Mais