Page:Aimard - L’Éclaireur, 1860.djvu/105

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
95
L’ÉCLAIREUR.

dans une plaine immense, au centre de laquelle s’élève une une ville indienne.

C’est-à-dire qu’on se trouve devant une de ces mystérieuses cités dans lesquelles aucun Européen n’a jamais pénétré, dont on ignore même la position exacte, et qui, depuis la conquête, servent d’asile aux derniers restes de la civilisation des Aztèques.

Les reçus fabuleux faits par quelques voyageurs sur les richesses incalculables enfouies dans ces villes, ont allumé la convoitise et l’avarice d’un grand nombre d’aventuriers qui, à diverses époques, ont tenté de trouver la route perdue de ces reines des prairies et des savanes mexicaines. D’autres, poussés seulement par l’attrait irrésistible que les entreprises extraordinaires offrent aux imaginations vagabondes, sont aussi, depuis une cinquantaine d’années surtout, partis à la recherche de ces villes indiennes, sans que jamais jusqu’à ce jour le succès ait couronné ces diverses expéditions. Quelques-uns sont revenus désenchantés et à demi perclus de ce voyage vers l’inconnu ; un certain nombre on laissé leurs cadavres au fond des précipices ou dans les quebradas, pour servir de pâtures aux oiseaux de proie, enfin d’autres, plus malheureux encore, ont disparu sans laisser de traces, et sans que depuis on ait jamais su ce qu’ils étaient devenus.

Nous, par suite de circonstances trop longues à rapporter ici, mais dont quelque jour nous ferons le récit, nous avons habité, malgré nous, une de de ces impénétrables villes, mais, plus heureux que nos prédécesseurs dont nous avons rencontré, comme de sinistres jalons, les os blanchis épars sur la route, nous sommes parvenu à nous en échapper à travers milles périls, tous miraculeusement évités.

La description que nous allons donner est donc de la plus scrupuleuse exactitude, et impossible à révoquer en doute, car nous parlons de visu.