Page:Aimard, Auriac - Le Mangeur de poudre.djvu/144

Cette page n’a pas encore été corrigée


conséquent se trouvait au lit, lorsqu’on apporta le cadavre d’Edouard Overton.

Mais la curiosité a le don de rendre ses adeptes translucides comme des cataleptiques ; le cortége funèbre était à peine arrivé que tout le monde était sur pied. Un observateur aurait trouvé à faire de piquantes études sur les divers costumes nocturnes dont l’exhibition fut faite à cette occasion : il suffira de dire que le village entier se leva comme un seul homme pour voir et revoir, parler et reparler encore à perte d’haleine.

Ned Overton était détesté durant sa vie une fois mort, on se sentit disposé à l’adorer ; on l’accabla de regrets, presque d’éloges quelques uns faillirent pleurer.

En attendant, les commentaires allaient leur train : il se dépensait énormément d’hypothèses absurdes, d’insinuations impossibles, de confidences inouïes. Le courant de l’opinion populaire