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II

SOUVENIR DU 11 JANVIER 1866.




Oh ! le monde est à moi, puisque enfin quelqu’un m’aime.
Figurez-vous ! un soir, plein d’un ennui suprême,
Seul, mais seul malgré moi, malheureux d’être seul,
Désespéré, songeant avec joie au linceul,
Songeant avec frayeur, peut-être avec envie !
Qu’il est des jeunes gens qui se dorent la vie,
Et qu’on peut acheter le rire et le plaisir,
Sans amour, fou d’amour, harassé de souffrir,
Doutant de tout, j’allais tomber dans un abîme !