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fronterie de ce homme, prit son épée par le tronçon et voulut en asséner un coup sur la tête de son ennemi. Mais il lui suffit de diriger du côté du Sarrasin la poignée de son arme, qui représentait une croix bénite par un saint de l’Armor, pour que l’infidèle tombât à la renverse en poussant un cri de rage.

Du Plessis s’avança vers lui, s’empara de ses armes, le garrotta et lui dit : « Je te laisse la vie, suis-moi. Mon écuyer vient d’être tué, tu le remplaceras. »

L’homme noir ne se le fit pas dire deux fois ; il se releva et accompagna son maître d’un air soumis.

La guerre terminée, Louis revint dans son pays avec son écuyer. D’une soumission à toute épreuve, et même d’un dévouement incroyable, ce fut le Sarrasin qui, le premier, demanda à ne pas se séparer de son maître.

De retour en Bretagne, aussi pauvre qu’à son départ, Louis sentit renaître ses chagrins en apprenant que le mariage de Jeanne était décidément arrêté, et qu’il allait avoir lieu bientôt.