Page:Ades - Josipovici - Mirbeau - Le Livre de Goha le Simple.djvu/187

Cette page a été validée par deux contributeurs.

XVI

la résurrection d’isis


Goha ne se doutait pas que Nour-el-Eïn souffrait à cause de lui. Il l’avait prise, comme il prenait derrière un buisson la fellaha qui relevait son borgo pour lui sourire. Elle avait passé dans sa vie comme tant d’autres, sans qu’il se souciât d’identifier cette maîtresse d’un jour. Tandis qu’elle languissait à l’attendre, il poursuivait tranquillement le cours de son existence. Il éprouvait cependant un trouble imprécis, la sensation d’un creux au fond de sa poitrine. À cet appel discret d’un souvenir, il se frottait machinalement l’oreille.

Il allait encore chez le maître d’El-Azhar, dont l’accueil était toujours affable. Le café et le narghilé n’étaient pas moins savoureux. Mais quelque chose avait changé. El-Zaki ne racontait plus d’histoires, il demeurait longtemps silen-