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LE SERPENT Nom 79 lhâlée de ma conductrice, que son cou dénudé par la guimpe basse, que ses gestes nerveux._Bien en- tendu, je coutinuai de lui tenir des discours empreints d’une exquise politesse. Je n’ignore pas qu’elle en fut lravie. É ` Mais la bagatelle m’importait peu. Avant que Goul- veu eût le loisir d’0rganiser un trompe-l’œil, je desi- rais me rendre un compte exact des effets produits a par le sérum. Redescendu, je m’introduisis aussitôt dans la cabane ai vitrages qu’Anne—Marie nommait respectueusement « le laboratoire ». ` - Espérezl — répondit la paysanne ai une appré- _ _ hension de son médecin. - (ja passera, puisque je vais, que je viens. Depuis la Saint—.lean, est-ce que j’ai eu de mes étouf1"ements‘?... Que non, donc! Si je m’engourdis, vous me piquerez avec la petite serin-` gue, comme vous avez piqué ma fille, qu’el|e était si bas, si bas,... et que la voilà bien guérie du typhus! Avec Porgueil naïf du rustre qui sait une chose, elle m’adressait aussi les phrases, dans l’intention de m’iustruire. N’eût été mon débarquement im- promptu, j’auraîs pu soupçonner une adroite comé- die. D`ailleurs je demeurai sur mes gardes. Lui s’éplorait presque : · ‘ — Marie—.]eaune, je vous assure : il faut vous soi· gner. Ce n’est pas la lièvre typhoïde qui vous menace, vous. Mon sérum ne vous soulagerait pas. Vous étes tous les mêmes... Vous ne croyez a la maladie que le jour ou elle vous couche a terre... Voila le dynamo— mètre, serrez ferme... Il y a progrès, mais un tout petit progrès... Vous saisissez : un tout petit progres. Nous allons l’inscrire sur la courbe. -—Hé donc! monsieur Goulven, _il y a du progrès.