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LE sznrrwr Nom 77 I Et il apparut, au fond dela terrasse,surle seuil d’une . cabane vitrée. A' la main il froissait un linge de toi- lette. En dépit de mes exclamations chaleureuses, il hésitait à me bien accueillir. Je ne suis pas de ceux qui s’en laissent imposer par un accueil froid. Je marchai vers lui, m’emparai de ses deux mains, de celle même qui gardait la serviette, et je ·les lui socouai vigoureusement. Je lui proclamai nia joie de le revoir dans une agréable maison, et par un temps si favorable, à la fois lumineux et frais. Je m'in— formai de ces dames,'de leur santé, de leurs plai- sirs, avec la meilleure volubilité. Lui melaissa dire, le front soucieux; puis, m’interrompant, il me fît remarquer : · — Je suis avec une malade... J ’avisai, parla porte ouverte, une paysanne empo- tée dans ses grosses jupes, et qui vint jusqu’à la bonne pour s’écrier en l’admirant : — Anne-Marie, tu te faistrop belle donc... Est—elle propre, ma fille! _ Et; du regard, elle exigeait que m'a mimique l’ap— prouvât. Je souris de telle sorte que la petite ne man- qua point de rougir, comme si je lui avais déja pro- posé le jeu défendu. Cependant je dis mon intention de séjourner au Keryannic en qualité de pensionnaire, puisque Mm° Goulven avait bien voulu l’autoriser.. ‘ Content de se pouvoir débarrasser, le docteur enjoi- gnit a la servante de me conduire au premier étage, et de montrer Fappartement libre. Puis il s’enferma ·brusquement avec sa patiente, non sans m’o|`frir quelques excuses à la fois camarades et bourrues. Ces dames étaient sorties. Dans l’escalier, m’appuyant sur la rampe en vieux