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LE SERPENT Nom ` 75 vers le temps des ligueurs et des huguenots. Cette succession d’images à l’antique, l’anachronisme même de leur melange me charmèrent comme le déc0r_de ces images anciennes, où, les époques étant confondues, on voit tantôt des soldats byzantins et florentins per- cer le flanc du Christ en croix, tantôt le prince de Troie faire visite au roi de France. ' Je me llattai de concevoir que le cadre était litté- raire à souhait pour y saluer une belle dame. Conduit par un croquant au chapeau galonné de velours lâches, cet équipage me transporta, selon le trot d`un cheval blond, dans une .campagne de bles verts et d`avoines mùrissantes. Un soleil amical se jouait sur la plaine,et faisait, à l’horizon, étinceler la mer. Nous gravîmes des côtes, nous nous enfonçàmes dans les chemins creux tapissés d’ajoncs et de ronces. Enün, passé un pont, se décoiîvrit, à gauche, le plus déli- cieux ensemble de maisonnettes roses penchées sur le bord d`une crique profonde. Au bout, derrière le phare trapu et deux brise-lames, la surface de la 1uer lumineuse montait au ciel pâle en frissonnant pour le plaisir des fenêtres ouvertes. Sur les quais, maints pêcheurs bleus sommeillaient devant leurs canots échouées à demi dans le reflux clapotant des eaux. Aux versants de la crique, des vaches paissaient la lande. Une colline déborde les toits de Sauzon et tend au zénith la croix d'un calvaire. Le bourg s’étage au flanc du_ terrain dodu. L’église neuve règne sur une place ombragée par quelques arbres séculaires, animée par le jeu des enfants. Les façades que nous longeâmes s’ornaient de roses trémières et de fleurs grimpantes. Nous gravîmed une pente semblable à un praticable de théâtre. Nous doublâmes le coin d`un