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malgré son habituelle sagacité et sa compétence indiscutable, n’avait pas suffisament insisté sur les prévisions de la notice théorique publiée par le docteur Goulven dans la Revue de Thérapeutique, le 15 mai 1904. Le président souhaita que cet incident fût favorable du moins à l’esprit d’entente, que le désaccord persistant depuis plusieurs années entre la Commission des Comptes et la minorité du Conseil prit fin, après ce fâcheux résultat de leurs conflits. Discrètement et par voies allusives, l’orateur sembla vouloir démontrer que la défiance réciproque nous avait valu cette malchance. On voyait, en somme, à qui le fait donnait raison. Ne convenait-il pas que le statut de 1899 fût modifié dans un esprit de générosité plus ample? Cette question, il se ferait un devoir de la mettre à l’ordre du jour, lors de l’assemblée générale, si les membres du Conseil en jugeaient ainsi.

Ayant parlé, le président se rejeta dans la profondeur de son fauteuil, et sourit aux marques d’approbation qui lui furent dévolues. Il avait annoncé la victoire évidente et prochaine de l’Administration sur le Contrôle. Je devinai que la lutte avaient été longue et grave ; que des procédés incivils avaient été employés ; qu’on s’était accusé mutuellement de lésineries maladroites, de dilapidations malhonnêtes ; que certaines paroles avaient dépassé la mesure ; et j’augurai que M. Guichardot bénéficierait de cette effervescence. Le conseil pouvait-il montrer de la rigueur envers l’homme dont les fautes mêmes l’affranchissaient d’une tutelle oppressive ? Bienheureuses fautes !

Quand on l’introduisit devant le tapis vert, il ne parut, au reste, nullement gêné. Pour joindre sa place, il dut longer une dizaine de fauteuils. De gré, ou quasi de