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t LE sauveur Nom 71. membres délicats et animés. Si jolis que fussent les yeux divinateurs de Clarisse, je les aimai pour l'adresse qu’ils avaient eue de prévoir les âmes des chroniqueurs, d’après leurs physionomies, afin que, choyant leurs vices essentiels, elle les obligeât, par retour, à mieux affermir sa gloire d’actrice comme les millionnaires pourvoyaient à son luxe,comme les peintres et les sculpteurs meublaient sa galerie déja celèbre, demain opulente, comme les auteurs écri- vaient leurs pièces avec la seule intention de faire saillir ses talents particuliers, en des rôles victo- rieux. Certes Mme Rachel Rosenthal m‘a fort tenté par les splendeurs orientales de sa carnation mate, et par ses nonchalances de sultane coquette. Le langage alliciant de ses regards profonds aux lourdes paupières bistrées, me convainquit autant que ses paroles indolentes, riches de littérature, de philosophie, qu’elle s’assimilait et propageait sans prétention. Néanmoins les princes de la science, les jeunes docteurs qui fréquentaient chez elle, et qui aidèrent tant au succès de l’Iode Guichar- dot, me parurent toujours des facultés de son intelli- gence "large`} Et cette intelligence, exprimée par la bouche de Rachel, ou commentée par les discours de · ses amis, fut la vertu dont je me sentais féru complè~ — tement. Au total, quand j’aime un être, je ne sépare guère sa personne physique de sa puissance. J ’avouerai même que cette puissance sur les hommes est la qua- lité dont je m’éprends surtout, car elle prouve la sou- plesse avisée du caractère et le discernement, outre les forces attractives de la beauté. Sans doute celles-ci me paraissent—elles indispensables, par surcroît., Madqnie Hélène La Revellière possède justement, _