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· Il · Après quelques jours de visites utiles dans nos en- trepôts de goémon, dans nos fabriques d’iode et de- soude, je remisai mon automobile aVannes, et m’em- barquai sur le petit vapeur qui mène du continent à. Bolle—Ile. Mieux instruit des relations que madame Hélène cultive, j’étais devenu fort amoureux de son influence qui eut servi mes desseins ordinaires. Chacun aime à sa façon. Les uns admirentla beauté. Les autres convoitent les plaisirs voluptueux. Ceux—ci goûtent les malices de l’esprit. Ceux—là prisent l'élé— gance audacieuse ou raffinée. Moi, j’adore la puissance _ discrète qu’une femme a su conquérir et qu’elle détient. Autrement dit, mes hommages s’adressent à. la science diplomatique des courtisanes ou des mone daines. ' La beauté d’un corps me satisfait un instant comme celle d’une estampe, voilà tout. Je passe et j’emporte` un souvenir agréable, mais fugitif. Pour la volupté, j’en achète chez les marchandes de cette denrée, d’au- p tant meilleure, à mon goût, qu’elle est du commun.