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1.E—sr:m>r~:N·r Nom 63 pieuse. Son œil pur afürma qu`elle l’ai1nait avec toute la force du dieu inclus dans_ sa chair. Encore une fois la même idée unit aux miens les regards expressifs de madame Hélène. En silence, et d’accord pourtant, nous mesurions cet amour vrai d‘une épouse chré- tienne pour l`élu de sa vie. Aujourd’hui je me rappelle très bien que l’évidence de cette affection troubla le teint de la belle veuve. Mais alors je m’assurai seulement qu’un sujet de confidence m’était échu. Grâce à cela, désormais, il me devenait loisible d’entretenir à l’écart, sans imper- tinence, celle que, du moins, je ·voulais feindre de séduire, si je ne pouvais la séduire. Parlant des · Goulven et de leurs sentiments, j'allais tenir le moyen de poursuivre ces dissertations équivoques sur l’amour qui ne_manquent jamais d`aifaiblir la vertu des imprudentes disposées à les entendre. Cela me satisût a l’extrême. Par un signe, je la tis complice de mes manœuvres en l'invitant a considérer les allures · du docteur qui s’écartait de nous. Madame Hélène s’étonna de laisser surprendre ses pensées secrètes, avant d’avoîr prononcé deux mots. Elle parut toute, gênée. Une superbe rougeur qui fardait ses joues, et jusqu’aux pétales de ses paupières, me décela son émotion de sentir son âme ainsi dénudée. Cela servait au mieux, mes intentions. Elle reconnaissait mon pouvoir de m’immiscer dans son esprit. [Vailleurs les élans de la foule nous bousculèrent et nous ôtèrent le loisir de la réflexion. Pour marcher non loin de la châsse, et pour aspirer Fatmosphère illuminée par sa dorure bénite, tous les fidèles se coudoyaient, se poussaient, se bourraient. Dans ce troupeau formidable et confus, le docteur