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\ 419. LE saumur nom ‘ " cards aux `piétons gouailleurs. Le chariot suivit le véhicule des Goulven, et, de sa masse, le cachan. Devant la veuve, sa fille et moi, ·ce n'était plus qu’une cohue bruyante qui s’enl`onçait dans la ville, sous les allées d’ormes plantées, au grand siècle, le long de l’arrière-port. Entre le docteur et nous, ce peuple du passé rétablit l’obstacle que nous avions voulu renverser. Notre effort n’avait pas suffi. Ni la ` splendeur de madame Hélène, ni son art éloquent, ni les clartés de ma logique n’avaient séduit ces vieux · chrétiens adorateurs de la faiblesse et du sacrifice- lls allaient de nouveau s’endormir, au tic—tac de leur vertu... - ` Notre amie balbutia dans un souffle d’angoisse : — Mais s’il meurt!... — Que voulez—vous!... Il doit savoir qu’il faut re- _noncer à vivre si _l`on n’a pas le courage de faire souffrir... Et je lui rappelai le serpent noir qui rongea la gorge ` du pâtre rencontré par Zarathustra. Goulven n’avait pas su mordre le monstre, ni cracher sa tête, quoi que j'eusse crié. Gilberte toussa davantage. Traînant une brouette, le valet d’hôtel nous retrouvait. Il empila nos valises. Alors Mm' Hélène cessa de regarder le chemin par ou - s’écoulait la foule des Celtes; et, prompte, elle nous mena vers Pauberge, afin d’y pâtir plus secrètement". Elle disait : _ — Oh! il n`a pas manqué de courage., 1ln’a ou que trop le courage de se dompter, de préférer au . triomphe et à l’amour une noble agonie que ne trom- blera point le regret d’avoir trahi celle qui avait, en · lui, placé sa confiance... Je pense, moi, qu’il est bien