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même arrêté les Pavillons noirs au passage du col... É -Yvonne,je t’en supplie, ne me regards pas avec tes I yeux de torturée!... ' _ - . ï Discourant ainsi, essayait-il de se soustraire à la . _ lutte, de s'avouer vaincu par sa logique même ?... Ou bien voulait—il ne dénoncer le serment nuptiai, ' que si l’épouse elle-même l`y contraignait, étant sur qu’elle saurait l`y contraindre ? ' J'incline à conclure maintenant qu’il était aussi. ' lâche devant son devoir strict d’époux quedcvant son l , devoir large de savant. Ce qui lui importait, c’é·tait qu’une autre décidât en sa place. Il ne rodoutait que ` d’etre responsable. —— Que compte mon petit bonheur devant ia multi— tude des pauvres malades !... l\l*"° Goulven s’en tenait ai cet unique argument, le ` bon, mais que précisément elle souhaitait entendre réfuter. Il le fit, pour trahir encore la franchise de * · ses espoirs réels.Je l’eusse étranglé volnptueusement, ce volatile candide qui se refusait a tout essor de ses _lourdes ailes. Il réendossait. a chaque seconde, ce que Nietzsche appelle « la camisole de force du devoir bourgeois » : ·— Suppose qu’un malveillant dise, plus tard, a Gilberte : « Cet homme qui vous enseigne le bien, cet 'homme a laissé sans fortune,presque sans pain, dans . une bourgade bretonne, dans une ile, la femme- qui lui avait donné sa jeunesse, tout son dévouement d‘épouse irréprochable, aimante et sincère... Il l’a laissée pour suivre celle qui lui apporta les moyens, de réussir. Ahn d’obtenir l’argent, il a livré sa pre- mière femme au malheur »... Yvonne, sout.iendras—tu g qu’un tel exemple puisse engager Gilberte a être une