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LE sauveur Nom 399 ` -4Si ce n’étai|: qu’une épreuve ?... Si ce n’était qu’une épreuve d`oi1 notre affection sortirait encore · accrue,... infinie *3 Bonnement, au hasard, il exprima c_e vœu banal, tandis que son espoir évoquait la richesse, la puis- sance, Pimmortalité offertes parla splendide femme , ala couronne d’aIgues noires, cette Dahut qui, tout a l’heure, reparaîtrait sur la nef, les mains chargées de trésors, et les lèvres chargées de passion... Voilà, certainement. ce qu’imaginait alors son espoir, ditfé- ` rent de ses paroles. · · —— Seigneur !... Ne ferez-vous pas que ce soit une épreuve, seulement une épreuve? — pria l\l“‘° Goulven en s’accoudant. Elle adressait cette supplication à la clarté répàn· due, par la déchirure oblongue des nuages, sur la’ surface des eaux vastes et mornes comme aux pre- ·miers temps des origines, quand elles voilaient toute l’élaboration secrete dela vie planétaire. — Notre bateau était petit dans cette nuit faite de souffles froids, de flots ruisselants, d’ombres mai ·éclairées,`au loin, par la radiation du lac lunaire, et baiayées, de minute en minute, par le gigantesque rayon électrique que le phare de Bangor darde sur le sciel armoricain. Tous trois nous demeurâmes muets quelque temps. . appuyés sur la balusfrade. L`effort régulier de la machine scanda les affres de nos réflexions. Mon silencerendait hommage à Pénergie de cette femme _ extraordinaire. Donc elle se résignait stoïquement a la perte de toute félicité possible, .a la torture sentimen- tale la moins tolérable, dans une seule intention de suprême bonté. _ Et je me demandais si elle aussi, la