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 ·` LE sauveur Nom ' 397

les nuits dernieres: madame Hélène ne lui serait qu’une amie, pas même une maîtresse; et autres calembredaines. Il perdait la tête. Enfin il se contenta · d’étre sincère : . V — Quelle preuve d’amourI... Crois-tu qu’un homme aitjamais reçu de sa femme une telle preuve d’an1our ? · Et je suis là, bête, inapte à rien- dire de ce que je .je sens... Je suis la comme une brute... A quoi ’ bon, vraiment, notre petit savoir, si l'on, reste aussi dépourvu dans `un tel moment!... Ah! ce que j’épr0uve de vénérationpour toi, de reconnaissance... Et je ne peux pas,... je ne peux pas le dire...Ah! , —— Promets seulement qu’un jour tu reviendras,‘... le `· jour de ton succes,... avec Hélène;... et que... ' Un sanglot l’interrompit, qu’el1e étoulïa dans le haut collet de sa pèlerine. Son béret blanc s’inclina,` caoha les convulsions de sa figure. Lui s’écria que, ·s’il acceptait—le sacrifice, surement il reviendrait, _ et qu‘alors elle serait la sœur, la sœur adorée ·d”Hé- lene, la sienne, leur sainte admirable. Il voudrait que .l’hér0ïque femme eût sa page dans l’hîstoîre des découvertes, et qu‘elle prolitàt de tonte leur fortune.` ` de tous les avantages de la renommée. Voilà qu’il donnait carriere a son vœu naturel, jusqu’alors maî- _ trisé. Fou, bavard,délirant, il transformait, de phrase en phrase, l’l1ypothèse en réalité prochaine. Il con-- , sentait. Sa joie crevait le masque de tendresse et de _ · compassion. Et le béret blanc cachait toujours la détresse de M"‘°·Goulven blottie dans son collet misé- rable. , ‘ ' = » Luron, luron, lurette! Lur0n,_Iur0n, luré ! ' , 23 `.