Page:Adam - Le Serpent noir (1905).djvu/397

Cette page n’a pas encore été corrigée


BÉEZ LE SERPENT Nom . — Ne joue pas l’ét0nnement, ·—— disait M'“°Goulven, A cette heure, du moins, sois sincère... Qu’y a-t-il de nouveau, pour nous, dans cette proposition, sinon d'entendré ma bouche la formuler?... —— Qui l’a formulée auparavant?... · - M. Guicbardot, Hélène,... toi-mémé, dans nos` discussions de chaque nuit,... toi-même, depuis huit jours, bien que tu n’aiés pas osé tout dire... Va, j’aurai le courage de porter ma croix entre toutes les stations de mon calvaire. Ne me plains pas... La mer aurait pu dévorer ton corps, au loin, pendant une croisière du Surcouf. J’aime mieux savoir que tu marches dans un chemin de triomphe,... même sans · moi. ' Les larmes l’étouffaient; cependant elle ne les laissa point jaillir. Plus étroitement recroquevillée dans sa pélérine écossaise, elle concentrait tout ce qu’ellé pouvait de forces afin d’achéver sa tâche. · · —Yvonne l... — murmura son mari, ll s`assit auprès d’elle, sur l’autre pliant.Il lui cher- cha la main dans les plis de l’ét0ffe, et joua très mal le rôle de celui qui refuserait le sacrifice, à cause de son amour, de son devoir, des lois divines. M"" Goul- ven ue se reculait pas. Je vis même qu’ellé aussi lui serrait la main frénétiquement. Elle répéta : —- Avant tout, il ne faut pas que tu meures... Il ne faut pas que ton génie meure... Pour les pauvres malades, il ne le faut pas! - I — Je n'en suis pas encore à l’agonie, voyons?... Tu ' es folle!... Hein, Guichardot, est—elle folle?... —- C’est une femme admirable et digne de sa foi! — répondis-je de maniere ambiguë". Elle me comprit. Loin de s`attardér aux interrup-