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364 LE sauveur Nom rang de solives que soulèvent les étonnantes ûgures de cariatides anciennes. Taillées dans la pierre, coif- fées à la_mode de Charles VIII, ces têtes joviales d’hommes et de femmes sont d’un réalisme grotesque. L’une tire la langue, l’autre grimace sous un toquet à plumes. Opposées deux à deux, aux sommets de trois lourds piliers, elles semblent se répondre par—dessus les portes d’un sombre estaminet. De commères à compères, elles s’adressent des mines drolatiques, sur- prenantes et veritables. Madame Hélène, jusqu`alors ` en retard, nous retrouva, pour embrasser sa cousine. - Je la saluai brièvement, comme fit le docteur. Devant elle je jugeai superflu de parler à M'“° Goulven,-que cette présence humiliait et torturait. La conversation se fit générale, esthétique et archéologique. Les objec- tifs furent braqués. Les déclics sonnerent. ' 'Neanmoins je profitai d’un moment ou les opéra- teurs s’absorbaient dans le réglage des mécanismes, et je pus répéter à. M°‘° Goulven : —— Nierez-vous q11’il y ait une charité superieure dans l’acte`de risquer son salut même pour la mul- ` titude d’existences que le sérum de Goulven ressus- citera, pour la sienne d’abord ?... ' _ Pressée par moi qui m’avançais, elle recula dans la façade, et ses yeux chercherent éperdument un secours. Ils n'aperçurent que l'affreux compère sculpté la-haut qui tirait sa langue épaisse sous un nez camard, le long d`une barbe de pierre. Je ne sais Yimpression exacte que lui üt ce masque; mais ayant regardé ma figure, elle pàlit affreusement et se débar- rassa de mon insistance , en marchant vers son mari. _ Je ne la pus rattraper que dans la rue Kéréon,