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. ' LE SERPEN'1; Nom 361 au fumoir de l’hôtel, en Pinterrogeant sur le magné- tisme du sang. Contrairement à ce que j’espérais, M"" Goulven ne se retira point. Elle surveilla nos pro- pos, et s’y mêla. Du reste, elle semblait en parfaite possession d’elle-même. Je flairai qu’elle avait résolu de ne céderà nul de mes avis. Pourtant je répétai que des soins attentifs, une cure d’altitude, l’absence de soucis devenaient indispensables. Lui nous assurait de sa parfaite santé, surtout lorsque j’eus insisté de nouveau sur les fâcheuses décisions de la Compagnie des Produits pharmaceutiques. Ensuite il se renversa dans le fauteuil et feignit de s’assoupir, comme pour fuir, dans le néant du sommeil, tant de tracas. Sa femme déclara qu’elle condamnerait dorénavant la — porte du laboratoire, qu’elle interdirait la bactériolo- gie, les visites aux malades, et n’autoriserait que la consultation du vendredi, C’était un plan tout net. Le docteur sourit, en haussant les épaules. Je regardai l\I““’ Goulven bien fixement. Elle rougit, `pâlit, ainsi qu’une écolière surprise en flagrant délit de faute, par un maitre sévère. Son mari rouvrit les yeux pour remarquer ce trouble, et il proposa de gagner les appartements. _ . — Je sais — me souffla-t-il a voix basse dans l’esca— lier — que tu as agi pour le mieux dans toute cette affaire... Pourtant n’eût—il pas mieux valu que madame Helene etmoi nous eussions gardé le silence sur nos sentiments ?... Voici ma pauvre femme qui pleure et me conj ure de ne pas l’abandonner. Rien ne la rassure. Tu lui tiens des discours specieux et para- doxaux qu’elle prend à. la lettre. Et moi, je lui parais ton complice. Est—ce là notre devoir, Guichardot? —-— Bon, bon ! — grommelai-je. —— Sacrifie donc les 2l