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` i LE SÈRPENT Nom 355 et chancelante. Maisil fallait qu’elle se dépassât,elle, son amour et sa foi. Donc, inexorable, je me conten- tai de croiser les bras et de sourire, en signe de triomphe logique. - Ce n’est pas la même chose... Ce n`est pas la même chose! — ripostait—el·le avec égarement. —-Je ne vais pas gâcher, moi, toute la vie d’une enfant pour rassasier un sale instinct,... moi! — Non : vous refusez de sauver la vie de votre mari pour satisfaire à la jalousie de votre affection... Évi demment, il y a une nuance !... ` — 0serez·vous affirmer que. nous `nous condui- sons de même? Est-il une comparaison possible entre le cas de Jean, que je veux garder, et celui d’Anne-Marie, que vous rejetez ? Quelle que fût son allure guerrière, elle attendait de ma sagesse une réponse qui déterminerait sa con- viction. J’en étais arrivéa lui paraitre une lumiere, une lumière mauvaise et terrible, celle du Lucifer sarcastique, mais une lumière indéniable. Sa terreur crispait ses sourcils et trois rides, sous les taches de rousseur constellant le front. Elle attendait mon verdict. ` _ —- Madame Hélène — avançai-je —- ne pourrait- elle pas vous reprocher de sacrifier a votre égoïsme Ia\santé, l’avenir et toute la vie du docteur? Du reste, · 'notre égoïsme a raison... Il est humain., —— Notre égoïsme!... notre égoïsme!... Ses dents claquèrent un peu. Le frisson de la fièvre la traversa. —— Disons notre énergie — continuai-je —— si vous préférez. On doit se libérer de toutes les entraves. On doit s’affranchir des préjugés et des sentiments.