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'354 LE sauveur Nom divorce, et fourni le problème. Sans doute s’imaginait— ` elle que j’avais, alors, parlé en plaisantant, aiin de narguer, par une hyperbole grotesque, les appétits évidents de la jolie veuve. Maintenant la malheureuse épouse me ralliait à se cause : —— Que veut-elle prétendre ‘?... Que, si j’aimais mon mari, je lui sacrifierais ma vie terrestre et ma vie éternelle?... Mais cela ne se peut pas! Cela révolte tous les sentiments! -5 Elle fait de la littérature. Ca n’a rien a voir avec la réalité, la solide, l’humble réalité..., celle que je vous expliquais toutà l'heure, quand vous me repro- chiez, aussi, de ne pas m’encombrer du bonheur de votre petite bonne... On ne sacrifie pas son existence comme ça... pour la félicité d’un tiers.,. N`est-ce pas? Très lentement, les yeux dans les yeux, je lui ré- pétai ces trois phrases qui comparaient sa décision à ma décision naguère condamnée par elle. Mm° Goulven recula, trébucha dans une anfractuosité, se ût ar-, roser par la poussière d’eau qui s`élevait de I’abîme. _ La stupeur l’étouffait. Quelques instants, elle resta muette, toute saisie. Comme je la regardais en pen- chant sur l’épaule ma tête, avec mon sourire le plus sardonique, elle ne put se méprendre. .]e_l’accusais de commettre un acte identique a l’acte qu’elle avait ' violemment blamé. Je lui lançai donc ala face tous les _ arguments dont elle avait abusé contre moi, et qui étaient de son invention. Je lui présentai la sentence qu’elle—même avait rendue, et qui lui devenait appli- cable. Si j’étais accessible à la basse pitié des lâches, j’eusse hesite a poursuivre les chances de ma vic- _ toire, tant M"" Goulven m’apparut lamentable, débile