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1.:2: sanrniw Nom 339 colores, ses remous de marins acharnés, ses pierrots noirs aux crânes `tondus, son écume de hennins cornus, de coiffes coniques ou rondes, de brides roides ou volantes. La houle d’une marée furieuse envahissait les hauteurs des collines. Elle nous charriait aussi, dans ce torrent d’humanité en désir du ciel, On allait vers le ûrmament par les pentes immergées sous les flots de pèlerins. Ils atteignirent la crête des dunes, en élevant une vague de dévots, et·.lean Goulven · dont se prolila dans l’éther, la silhouette svelte, nerveuse, creusée. La brise secoua ses mèches plates. Il avait son chapeau contre son cœur. La chair émue de son amante contenait mal lenthousiasme que lui transmettaient, depuis le matin, l’agitation de cette multitude radieuse, l’ardeur de cette jeunesse en rut, l’excitation mystique de ces dix mille âmes agglomérées dans un essor d’extase et de foi. Je sentais contre ma manche vibrer les nerfs du corps merveilleux, se crisper les mains étroites de la veuve. Les couleurs de la saine ani- mation, et les pâleurs des sensations violentes trans- üguraient sans cesse cette belle face couronnée d’algues sombres. Maintenant son être se tendait vers l’homme qu`elle adorait, et qui sembla monter dans le ciel, au sommet de la foule, par-dessus les lumieres des cierges. Alors la fmer nous apparut, ses eaux violettes, der- ·rie1·e quatre étages de flots croulants. Le peuple et Pélément se contemplèrent. Leurs rumeurs infinies se répondirent à travers les dunes et la plage. La face océanique de Dieu regardait l’emotion de ses üdeles. ' Ce fut une minute singulière et sublime... [ — Voilà — disais-je à notre superbe amie- un ins~