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` 308 LE ssxriaivr Nom àme métaphysique avide de saisir Vinûni, après la mort. Nous sommes des âmes positives pressées de comprendre le ûni de nos jouissances possibles, avant la mort, parce que nous la considérons comme la limite de toute pensée. — alors comment soutiendrez—vous que le moins l‘emporte sur le plus, que la partie est préférable au total? ·— Je ne soutiendrai rien devant une théologienne de votre talent. J ’envierai seulement la faculté qu’elle a de se construire un inonde suprasensible, et de se munir de foi pour le considérer comme une vérité · certaine. C’est une puissance de l’esprit dont je suis dépourvu, quant à moi... -— Ah! vous vous moquez, monsieur Cuichardot! — Aucunementu. Une seule chose me demeure inexplicable : vous possédez cette chance extraordi- naire de créer, par la foi, votre paradis, de savourer constamment le désir de l’atteindre; vous goûtez spi- ' rituellement la somme des satisfactions indicibles qu‘il vous réserve, et vous consentez à vous distraire de cette félicité suprême, en associant votre existence à celle des incrédules!... Comment cela se peut-il? Comment résistez-vous au besoin de vous donner à la vie des ordres contemplatifs, par exemple`?... — ll y a le sens de la charité. ll y a le sens de Tapostolat. Je veux être utile à ceux que j’aime, en tâchant de les convaincre... —-Alors vous condamnez les trappistes qui se refusent à cette charité, qui se contentent de prier dans le cloître? — Je ne condamne personne. — Si j’avais la foi, elle serait exclusive et jalouse