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h LE ssarsm Nom 291 —- Heureusement l... Nous nous entretînmes, en marchant, des habitudes conventuelles, du suave délire mystique, de la quié- tude value par une existence candide, réglée, simple. Je lui fis remarquer plusieurs louanges successives qu’elle donnait à ce genre de paix. Et je m’avisai de · les apprendre par cœur pour les rappeller_au bon. moment. Avec l’exaltation d’une dévote sincère, elle prédit même sa résignation a la viduité,··au.céli- bat, pourvu que l’Église la comptât au nombre de ses consacrées. J’eus la sagesse de ne pas pousser la manigance plus loin, de réserver la these de l’abandon. Toutefois, l`incitant ai renchérir sur mes diatribes contre les injustices de la destinée, j’obtins qu’elle blàmât un peu son mari, qu’elle l’accusat d’égoïsme, vaguement, mais d’un ton sévere à point. . - Oui, me hàtai-je de conclure, c`est pour epar- gner à la femme les petites désillusions du mariage que la sagesse de l’Église recommande le célibat; et ·c’est pour lui épargner les tristesses de la solitude qu’on lui recommande les habitudes familiales des communautés... Peut—étre l’Eglise a-t-elle eu bien de la clairvoyance en cela. — Oh l certes l —— laissa-t-elle échapper. - Voyons, M“‘° Goulven, voyons ! Vous, une _ ' femme si parfaitement admirable, une sainte comme nous disons tous ! que faites—vous de votre cou- rage ‘?... Ces mots lui prouvèrent que je n’ignorais rien de sa tragédie secrète. Elle commença par se vexer. Elle répondit d’une moue, et voulut m’intéresser mieux a la façade de l’Hôtel de Ville, devant laquelle M'“= La Revelliere lisait tout haut le paragraphe dé Baedeker.