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290 LE suuruur Nom armure de la guimpe, et embrumé par le voile. Elle m’avoua qu’au moment de ses retraites, lorsque son mari etait en mer, elle revétait, gràce a une permis- sion spéciale, le costume de l’ordre qui l’accueillait dans sa maison. -—— Je parie — avançai-je brusquement —- que vous rêvez alors de vous attarder ainsi, dans un cloître, loin du monde. Cela vous serait un repos délicieux, exempt de soucis, protégé contre l’infamie des mé- chants et les cruautés du destin, embaumé par l’en- cens de l’autel et bercé par le murmure des prières !... N’est-ce pas?.. , + Mais oui!... Ce serait si bon de remettre à des mains providentielles le soin de sa vie et le choix de ses goûts! - Libre ou veuve, v0USVOuS réfugieriez au couvent? - Sans doute. — Et vous ne regarderiei pas cette extrémité comme une infortune? ·- Si_ j’avais le malheur de perdre mon mari à la mer,... je ne saurais pas imaginer d"existence plus- conforme a mes vœux,... pour attendre ma lin... -— Que je vous comprends! C’est la principale raison qui porte mon égoïsme à regretter de ne pas avoir la foi... J’ai toujours estimé que la vie d`un moine croyant est la plus agréable des vies... · — Croyez donc !... Instruisez-vou`s... Cest votre ignorance de Dieu qui vous écarte de sa bonté... Ins- truisez-vous... —— J’en ai presque le projet... pendant que je vous parle, du n1oins... N’est-ce pas: si la cruauté du sort vous séparait de Jean Goulven vous auriez ce recours contre le désespoir ?