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LE SERPENT Nom 289 filets dans lesquels ma tactique l’enlaça. Je prévis l’approche de semonces que je sus éviter en rabat- tant ma verve sur les sujets « vieux bretons ». Survinrent trois religieuses noires, petites et tra- pues, que serraient, à la taille, leurs cordelières bleues. ' Elles saluèrent ma compagne en se félicitant, avec une joie puérile, de la rencontrer. Elles jasèrent. Les · déconvenues des sœurs jardinières, la réfection de la chapelle dont la toiture menaçait ruine, l’histoire d’une chatte rhumatisante et de la mère supérieure qui la soignait tendrement, furent les thèmes de leurs paroles innocentes mais prolixes. Monseigneur avait promis de désigner quelques—unes d’entre elles pour accompagner des pèlerins _à Lourdes. Elles envîèrent d’avance celles qui pourraient ainsi connaître la grotte du- prodige. La-dessus elles traitèrent des choses de la foi, selon une théologie rudimentaire. Mm Goulven les étonna par l’analyse qu’elle fit d’un livre d’exégèse traitant des miracles bibliques. Animée par son apostolat, .elle peuchait sa maigre personne ` vers les corps replets et rustiques des trois nonnes attentives. G’était une discussion fervente, devant le magasin d’un corroyeur, à l’ombre de la façade en saillie sur vingt solives antiques et grossièrement sculptées. Passèrent, coiffées de blancs hennins, plu- sieurs paysannes. .l`eus l’illusion de voir une image de la vie médiévale contenant aussi l’bomme au mufle rasé qui, dans une étroite lucarne, encadrait sa têtemassive et saure, ses bras velus. Quand les religieuses eurent pris congé, je dis à l\l'“° Goulven qu’elle m'avait paru toute semblable à L ses amies, que je l’imaginais bien sous le vêtement ` d’un ordre monastique, ‘le visage serré par la roide 17