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LE sEm·1zN·r Nom 9.85 — Alors quoi faire?... Mais quoi faire? ' Sans vergogne, elle laissa quelques larmes rouler le long de ses joues grises, et se mouche bruyam- ment... Puis elle renifla, telle qu’une écoliere grondée; - — Quoi faire ‘?... Si Yvonne refuse?... Ah! Yvonne... une sainte!... Une sainte!... ricana-t-elle: ‘ -——Hein? repris-je, quelle plaie que cette femme- ` la!... Voulez—vous que je vous dise? Elle tuera Goul- ven, cette sainte comblée de vertus, et qui l’adore... Pensez donc! Sans elle, il livrerait toute la boutique aux créanciers. Il réclameraitau sanatorium de Saint- Moritz une cure gratuite qu’on ne refuserait pas à un médecin de la flotte française. Mais il ne peut abandonner sa femme ici sans argent. Il n’aura pas l’énergie de l’abandonner... Elle exigera de le suivre partout, de le soigner elle-mème, puisqu’elle l’aime l... Puisqu’elle l`aime, elle le tue. C’est logique... —— Mais c’est abominable!... -— C’est ironique! C’est la nommée, et bien connue, Ironie-du-Sort... Ah! si Goulven songeait au di- vorce !... Madame Hélene fut tout hébétée par le problème. Pour moi, j’arrivais au point que j‘avais fixé comme but de ce dialogue. * — Ils ne peuvent pas divorcer! conclut-elle au bout de quelques brèves réflexions. Ils ne peuvent pas. Ah! s’ils pouvaient!... Et elle exhala deux soupirs, qui allegerent, un ins- tant, son angoisse. Ses yeux éclairés soudain contem- plerent un spectacle chimérique et délicieux. Toute la contracture de son corpsse relâcha. Sa douleur se dissipait.