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282 LE SERPENT Nom rait les administrateurs, et que leur étonnement l’avertirait du subterfuge. Restaitle moyen d’assumer ii moi tout seul, la responsabilité de l'avance. Certes. je le persuaderais facilement de ma foi absolue en son œuvre. Mais je lui avais, maintes fois certifié ma pénurie passagère, quand il avait tenté, astu- cieux, de m’interesser, personnellement, a son entre- prise. Comment ne douterait-il pas de ·mon revire- ment, et de la chance mensongère qui m’enrichis- sait tout a coup, aûn de le secourir? Fatalement il en arriverait à percer notre dessein... —- Comprenez-moi bien, chère madame, —-ajoutai- je. ——· Le docteur vous admire beaucoup. Vous l’admi· rez infiniment. Au moins il est clair que vous avez, l’un pour l’autre, des sentiment très actifs. V ous—même me l’avouez. Goulven s’en défend mal. S’il appre- nait notre connivence, il ne me pardonnerait pas de l’avoir placé dans une situation équivoque... Uni hommetel que lui n’aceepte pas l’argent d’une femme prête a l’aimer... Oh! 0h!... Tout se sait. Il y a trop d’envieux qui l’épient. On s’étonnera de le voir oublier · brusquement sa clientèle bretonne pour se reposer, riche, sur les plateaux de l’Engadine... Alors il m’accuserait, avec raison, d`avoir abusé des circons- tances pour le déconsidérer a son insu... ~ — Dites quelvous ne voulez pas m’aider,... que vous souhaitez son échec, dans vos calculs... Dites-le... Ce sera plus franc, plus cynique, plus conforme ii votre caractère brutal. En se détonrnant comme par dégoût, elle adressaf l`invective au vent qui sifflait, à la plaine liquide, aux bavures de l’écume, aux terres plates et chauves qui bordaient la mer intérieure, tout a coup élargie.