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\ • VIII Le jour suivant, j’assistai a la douleur si véritable et si contenue de madame Hélène, peureuse de compro- mettre les destins de sa fille par une imprudence de son chagrin, ou par une légèreté de son amour. Quant a Goulven, il boudait. Il la boudait elle-même. Ses reponses brèves et lielleuses interrompaient aussitôt le moindre essai de conversation. Il affecta d’être ma- lade, s’installa sur la passerelle, en nous tournant son dos enveloppé d`un vieux châle. Ses yeux clignés de marin ne cessèrent pas de contempler la mer _inté- rieure du Morbihan, le phare blanc de Port-Navalo, l’embouchure large et vaseuse dela rivière d`Auray l`estacade de Locmariaker. Les vagues semblaient de gros morceaux de gélatine verte et tremblante, qui s’ecroulaient les uns sur les autres. Le nez de Gil- berthe se violaçait. M"‘° La Itevelliere afîecta de ne plus la quitter, comme si l’enfant, des lors était aban- donnée de sa mere qui s’obligeait, elle, à questionner M'“° Goulven sur le pays, sur les iles de terre jaune, sur les bois cernant les châteaux. Bien que la voix de