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J LE searmr Nom 273 · rentrant, qui ne parlait que de lui ! Elle répétait tou- tes ses phrases. Elle me demandait mille explica·. tions. Les donner, c'était encore s’inspirer de lui... .|'ai été prise ainsi, morceau par morceau, sans me douter, sans vouloir me doute_r... Et _puis, il est ma- lade, il est faible. Je me suis plu, avec Yvonne, a le soigner, n’est-ce pas ‘?... Il avait soigné mon mari, il avait retardé sa mort... Je somrneillais dans cette re- connaissance, dans cette compassion, dans cette ten- dresse... C’était rare. C’était pur... Je le·croyais. Ah l cet apres-midi, tout s’est révélé de moi-même ! · Quel cataclysme l Une main féroce a saisi mon cœur dans ma poitrine et l'a tordu. J’ai senti qu‘Yvonne avait plaisir à` me congédier... J’ai devine qu’elle s’était aperçue de cela même que je refusais de sa- — voir, malgré les rudes avertissements de ma belle- mère... Il a bien fallu m'avouer que c‘était la une force inconnue, puissante comme une loi naturelle, et qui ravage votre raison, qui mord les nerfs, les entraillles, qui brûle les yeux... Et maintenant l... Voila... j‘e suis stupide, abrutie. J'ai· mal... L`idée de fuir me dévaste, me détruit... L’idee de ne plus le voir, lui, me tire des larmes bêtes, les larmes de la petite bonne qui perd son piou·piou;... des larmes bêtes... des larmes,... tenez: des larmes 1 I Elle sÈessuya furieusement les cils, les joues. Elle se reprit ai marcher, en ravalant des soupirs brefs. - Et lui ‘? — dis—je. • ~— Lui S`en doute—t-il seulement ?... Il ne s’en doute pas, vous savez... Mais non... Qa vous paraît absurde, hein ‘? Eh bien, c`est comme ça dans mon ` cristal... Jamais il n’a un mot de galanterie. Il ne m’a jamais tendu la main pour sauter une flaque, pour;