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A LE SERPENT Nom Qîl propreté de celles qui portent le nom de mon mari et de mon fils. Les morts ont besoin d’être défendus..., CCC... 1) . Jfarrachai difficilement ces bribes de leur colloque ' amadame Hélène. Elle protesta de nouveau que ni le docteur ni elle n’avaient, en aucune heure, risque une · parole même allusive à leur sympathie qu’elle recon- nut être sérieuse. Dans sès accents je ne pus découvrir l’emphase du mensonge, ni la fureur contenue du vice que l’indis- crétion offense. Si je n'étais pas un compere payé pour nourrir tous les soupçons, je l’eusse crue sin- cère, dès ce moment-là. Cependant j’agis en scep- tique, et brusquement j’emis cette idée : — Puisque votre belle-mere favoriserait un second mariage, que feriez-vous si Goulven divorçait‘?... Vous l’épouseriez?... Répondez-moi,. Ne voulez·vous , pas· me répondre?... Vous voyez... Vous ne niez pas que vous l’épouseriez sans doute... C’est un aveu formel que je recueille! Madame Hélène cessa de marcher parce que ses mains laissèrent tomber son en-tout-cas. Je le ra- massai et me tins devant elle, en la dévisageant, iro- nique à demi. Elle souffrait. Quelque chose de terrible bouleversait son âme, et, tout autant, sa chair. Elle s’essoufIla..Des espoirs et des angoisses se succé- daient, en transfigurant de mille` manières sa belle face tragique dans l’0bscnrité lunaire. Ce fut mira- culeux. Je crus même qu’elle exagérait son emotion afin de me donner le change, tant l’artifice de ses ha- bitudes un peu comédiennes m’avait prévenu contre son caractère. Impatient, je repris : ——- Vous m'avez, certain dimanche, afürme qu’on