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LE ssarmzr Nom 263 — Elle t’a dit qu’elle s’en allait ?... C’est sûr?... Autour de ses yeux, les cavités, brusquement, se creusèrent., noircirent. ll étancha Phumidité de son front. Je lui contai la manœuvre de sa femme pour décider ses cousines a fuir la Bretagne. ll ne des- serra plus les dents. ll me considérait, puis les·guéri— dons de fer alignés. devant l’hôtel ou cuisait notre repas. Tout son être subit l’effort visible d’une tension intérieure. Ses nerfs devaient se nouer, son estomac se contracter atrocement, son cœur battre et enfler parmi les petits vaisseaux que l’on ima- gine fragiles comme des fils étirés. Enün l’étreinte dont il meurtrissait mon biceps s’amollit, et tout lui- même sembla succomber a la suite d’une immense fatigue. Il se laissa (léchir sur une chaise, derriere un des guéridons. — Tu vas- boire un peu d’alcool, -—· commandai- je. —— Comme tu es pâle !... —- Je suis pâle!... Pourquoi serais-je pâle? Je me sens très bien... _ _ · —-· Tu es pâle, — ailirmai—je paisiblement,·—- parce que le départ de madame Hélène te donne une vio- _ lente émotion. · _ —~ Tu deviens maniaque... Ai-je l’aspect d’un .don Juan?... Regarde—moi... -— Tu es un être ün, nerveux et dédaigneux, tel que beaucoup de femmes en distinguent. Ta science a séduit cette belle personne intelligente, gorgée de littérature. Elle t'adore. Tu l’aimes..., puisque te voici sur le point de t'évanouir à. la nouvelle de son départ!... Bien de plus normal. Vous avez passé la saison côte à côte. Elle est veuve depuis des mois et des mois... Son tempérament robuste est asservi a