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Y _ LE SERPENT Nom contournions les bases étroites de ces granits, aün de constater les traces de calcination. M'" Goulven É combattait l’opini0n de sa cousine : si chaque pierre avait été le pilier central d’une hutte, nous devions découvrir les vestiges du foyer, prétendit-elle. M*¤° La âftevellière l’approuva, ne voulant admettre que »l’hypotbèse des tombeaux, bien qu’on n’ait guère 'trouvé la de ces armes, de ces bracelets, de ces silex ânhumés ordinairement avec les morts de l’époque. Je sentis que, sous la discussion archéologique, les _ sentiments s’attaquaient déjà. Ce fut ai peine si madame Hélène vanta la lumière franche venue de u la mer, et qui dessinait les profils de· ces monu- ments, qui éclairait les pelages roux et blancs des bœufs, les verdures pelées de la lande, les bois de sapin fermant l’horizon, apres la ville morte, sous un , ciel léger. La veuve craignait probablement qu`on ne- l’accusât de briller à l’intention du docteur. Hostile, sa belle·mère l'épiait en faisant tourner au bout de leur chaine les vingt bibelots de sa trousse. Nous nous disputâmes presque. Nous atteignîmes le haut du ` pâturage, où semblent aboutir les treize rangs de pierres dont les masses deviennent considérables en cet endroit sacré. Un cercle de menhirs géants investit le bloc de l’autel sur lequel le prêtre et le chef · · devaient, avec leurs bras rouges du sacrifice, prêcher le peuple aux longues chevelures, vêtu de fourrures, brandissant les haches de silex, les épées de bronze, offrant au dieu ses enfants nus par—dessus les milliers de têtes farouches. — — A quoi bon- la civilisation? — soutint alors M"‘° La Bevellière. — Les pires instincts dominent encore les êtres les mieux préparés au devoir