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LE sauveur Nom 251 Ces dernierslmots furent prononcés avec un déses- poir envieux. Le docteur en fut gêné. Maladroitement

 il représente- qu'il n’étan·point assez bête pour se

faire rabrouer, lui, pauvre médecin de campagne, par ' cette Parisienne, type de distinction, d’esprit artiste, et même... de snobisme, a supposer qu’il l`ai- mât! — Elle est fort indulgente a ton égard... ou mieux C ` fort équitable. Elle te voit avec mes yeux! ' Goulven haussa les épaules, et quitta le pliant. Il parut admirer le profil lointain de Belle—Ile, dessiné maintenant comme une épure à l’encre de Chine, la- bas, derrière les, mouvements des flots. Sa femme persévéra. Devant ses cousines, elle avait dit com- ment, lors de ses fiançailles, elle suivait Jean chez les pauvres qu’il soi gnait, qu’il ·ressuscitait, ainsi que Jésus ressuscitait Lazare. Peu à peu, madame Hélène, à leu»r prodiguer les louanges, s’était étrangement - exaltée. Quand, après avoir demandé mille détails sur le drame du typhus a bord du Surcouf, et a la Vera- Cruz, elle avait obtenu de lire la lettre ofiicielle adressée par le ministre au docteur, pour le remercier d’avoir sauvé tant d’existences et risqué la sienne, la veuve etait devenue toute pâle de joie. — Elle a pâli!... Je vous jure qu’elle a pâli... Elle a pâli sans pouvoir se reprendre, un long quart d’heure... Je vous le jure, monsieur Guichardot... Est-ce de la sympathie, cela?... ‘ , —Ah! si elle a pâli! — fis—je avec la.mine d’un homme convaincu par une irrécusable preuve. — Alors vous êtes terriblement jalouse, ma chère madame Goulven? ` Je m’arrangeai pour qu’elle crût découvrir, sous