Page:Adam - Le Serpent noir (1905).djvu/250

Cette page n’a pas encore été corrigée


— Tu n’es pas courageux : tu te dérobes par un subterfuge dont tu mesures,,aussi bien que moi, l‘insuffisance... Voyons... Ca ne te va pas... Tu sais bien que tu n’as pas une ame fermée... On voit tout, de· dans...

Par ses coups d’œil, il m’enjoig11it de m’écarter. Je ne compris pas, obstinément. Alors, il sembla se moquer, après tout, de ma présence et de mon témoignage. Il s’y résigna, selon sa coutume. Il assura sa casquette secouée par le vent:

— Explique—toi. ma chérie ....

Mme Goulven s’assit sur un pliant, et se contraignit à rire.

— Tu le dérobes ! — s’écria-t-elle de façon a dominer les bruits marins, — tu te dérobes comme si j’ëtais une autre, une étrangère, une qui ne saurait pas ou qui n’oserait pas dire la vérité. Tu te dérobes toujours, maintenant... Maintenant !

Afin de corriger l’amertume de son exclamation, elle le menaça gentiment avec son doigt gantè de fil :

— Ah ! tu m’échappes... tu m’échappes !... Il r m’èchappe ! — reprit—elle en s’adressant a moi._

- Vous l’aviez donc emprisonné ‘? _

—- Je ne m’en étais guère aperçu, tant la prison était agreable É- conclut—il gal·amment.

Elle rit encore ;mais les rides qui se plissèrent, aux commissures de ses lèvres, marquaient un effort pénible.

— Oui, oui..., tu marivaudes, à présent... N`empêche... Ecoutez—moi, monsieur Guichardot. Je puis bien lui faire son procès devant~vous,... car c’est un procès bien ordinaire,... qui ne vaut pas qu`0n le cache...