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242 · LE senruxr Nom J ` un repos, sa femme ne sut résister que mollement à l’invitation de sa cousine. Néanmoins je surpris son regard navré qui s’cffo1·çait de pénétrer les véritables dispositions de madame Hélène. Nous télégraphiàmes aLorient. Le surlendemain, un petit vapeur de cabotage vint nous chercher au port de Sauzon. Anne·Marie porta les plaids à bord. Elle avait les larmes aux yeux. M“"’ Goulven lui mur- mura longuement à l’oreille, etl’embrassa. Je redoutai qu’elle n’eût vent de mes relations ancillaires, car elle me fut un peu morose au milieu du plaisir commun excité par la fraîcheur de la brise, le balan- cement du tangage, l’aspect de l'île qui finissait d’ètre réelle pour revêtir les aspects de la féerie derrière les brumes de l’air moins diaphane a chaque tour d’l1élice. Il voilait les cavernes des greves, les ver- dures des pâturages, les cubes blancs des maisons. ,|’obligeai M“‘° Goulven a considérer que ce pays n’était plus qu’un tableau délectable dont s`éeartait la nage robuste et rythmée du bateau. En se hâtant de vérifier l’arrimage des vivres et des couvertures dans la cabine, elle`essaya d’éviter mes paroles. Je la suivis, je réclamai mon jambon, mon « pain com- plet », mon extrait de malt. J’insistai même pour qu’elle les déballat sur la table du carré, bien que la suspension de cuivre oscillât au gré d’un roulis assez. notable. Puis, selon mes tactiques ordinaires, je palliai le fâcheux de mes importunibés par certains compliments excessifs. Je louai l’ordre, Féconomie, Vintelligente sagesse de la dame. Je la persuadai de· ` m’ouïr et de me répondre. Elle se défendait avec une modestie dont je plaisantai les termes assez joviale— ment pour quïelle se laissât rire.