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LE·SERPENT Nom _ 235 plu de la séduire aün de me témoigner ainsi la réalité de mon pouvoir. L’expérience faite, je me lassais des récidives. D’ailleurs, paysanne et servante, elle ne soignait pas méticuleusement sa denture ni son ha- leine, bien qu’elle eût coutume de laver son corps dans la mer. Et je suis la-dessus fort délicat. Les courtisanes de Paris nous habituent a de telles exi- gences. _ ~ Lorsque j’avais réussi a décourager les tentatives de mon amoureuse, je Finterrogeais avec adresse sur la sympathie qui liait madame Hélène au docteur. Anne~Marie n’était pas fine au point d’avoir remarqué ce commerce subtil et sans évidence. Elle protesta que son maitre se consacrait a l'éducation de Gilberte. _ Paresseuse et incorrigible d’abord, la petite La Revel- lière, maintenant dévorait les livres qu’on lui prêtait. Je n’ignorais pas qu’elle avait appris, dans ses pro- menades avec le docteur, de la botanique, le nom des étoiles, la géologie de Belle—Ile, l’bistoire de Fouquet, de Louis XIV, et du siècle classique. Fort intelligem- . ment, Goulven transformait l’étude en causeries fréquentes, éparses, dirigées toujours par une ques- tion de l’enfant. De la cette reconnaissance manifestée par les dames La Revellière ai l'égard de leur hôte. La servante le vénérait trop pour croire qu’il pût désoler sa femme en courtisant les autres. Elle repoussa toutes mes insinuations avec une sorte de colere. Du reste, M"‘° Goulven, a son avis, était une sainte. Personne n’eût voulu la contrister, encore moins son . mari, qu’elle adorait et qu’elle choyait de tout son dévouement. —- Sur le compte de sa maitresse, la servante ne tarissait pas. C’était, à vrai dire, cette pieuse femme