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2lS LE summer Nom que chose aussi qu’il faut mettre en cage de peur qu`i\ ne s’envole... » Il me semble que le docteur songe aux moyens de fabriquer une cage.., en vous écoutant, madame! Au lieu de sourire, et de me répliquer par des paroles, agréables qui m’eussent investi de complicité, je les vis se regarder, lui avec stupeur, elle avec con- fusion. Apres avoir rougi leurs visages, le sang quitta leurs joues. Une paleur égale posséda l_eurs traits anxieux. , '—— Je n'ai jamais songé à emprisonner personne, — balbutia fort sottement Goulven. · Et il s’éloigna, ramasssa deux pierres qu’i1lança, qui rebondirent sur les rocs avant de trouer l’eau·. Madame Hélène me gronda brutalement : - Les impertinences de Nietzsche ne valent pas toutes qu’on les place dans la conversation... Ne pen- sez—vous pas ?... .le·m’inclinai, mais ne cédai point. Au contraire, je murmurai, sous l’inspiration de mon philosophe : - « Ce qui provoque le respectet souvent la crainte de la femme, c’est Pimmensité insaisissable et mobile de ses passions comme de ses vertus; et ce qui pro- voque notre pitié à son égard, c’est son aptitude à souffrir parce qu’elle est, plus que tout autre animal, assoitfée d’amour, partant condamnée à la désillu- A Sion. » Ainsi que sous l’injure d’un soufflet, elle se rebiffa de toute Pattitude, et fit un pas vers moi, les sourcils courroucés, la bouche tremblante. Mais elle ne sut que faire éclater un rire faux, s’étantreprise _à temps ; -— Ah! quel drôle d’apothicaire vous faites!... — Riez`! riez!...